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Je n’ai pas pour habitude de partager les recettes healthy que je trouve sur Instagram, parce qu’elles oscillent la plupart du temps entre franchement pas bon et carrément dégueulasse. Pourtant, je ne perds pas espoir et continue bravement ma quête.

C’est pour ça que quand j’ai testé cette recette de brownie au haricot rouge et que – oh surprise – je l’ai trouvée délicieuse, je me suis dit que c’était l’occasion d’ouvrir une nouvelle rubrique sur mon blog. La préparation est très simple, elle ne prend pas trop de temps et la texture est parfaite.

Ingrédients (pour 6 à 8 parts) : 

  • 240g de haricots rouges préalablement cuits
  • 1 oeuf
  • 15g de cacao 100%
  • 25g d’huile de coco
  • 10g d’extrait de vanille
  • De la stevia ou un autre édulcorant selon votre goût
  • 20g de chocolat noir fondu + 20g de pépites de chocolat
  • 1 cc de levure

Préparation :

Préchauffez votre four à 180°. Il vous suffira ensuite de mélanger les ingrédients dans cet ordre. Vous pouvez écraser les haricots rouges à la fourchette, mais si vous ne souhaitez pas sentir de petits morceaux je vous conseille de passer l’appareil au mixer. Pour la cuisson, c’est à votre convenance :

  • 10 min si vous souhaitez que votre brownie soit bien fondant
  • 12 min si vous le voulez un peu plus compact, mais toujours bien tendre
  • 15 min pour une texture cake

 

N’hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé si vous testez !

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Le reverse dieting, c’est quoi ?

 

En 6 mois, le reverse dieting m’a permis de guérir durablement de ma boulimie et de trouver un équilibre dans mon alimentation. J’ai souffert pendant 10 ans de troubles alimentaires, durant lesquelles j’enchaînais phases de restriction sévère et épisodes de binging. Mon corps avait développé sa propre logique : je survivais avec 800 kcal par jour, et prenait entre 500g et 1kg au moindre écart – autant dire une tonne dans mon référentiel d’ancienne anorexique.

En 6 mois, le reverse dieting a mis un terme à ces années de souffrance : de 800 kcal par jour, je suis désormais passée à 1600 kcal par jour et compte au moins atteindre la barre des 1800 kcal.

6 mois comparé à plus de 10 ans de troubles du comportement alimentaires, cela tient du miracle. Et pourtant, le principe du reverse dieting est tellement simple que cela en deviendrait presque déconcertant.

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A qui s’adresse le reverse dieting ?

 

Le reverse dieting est couramment pratiqué dans le cadre de la musculation – notamment après une période de sèche, durant laquelle la consommation de glucides est réduite à son minimum. Pourtant, le reverse dieting peut s’adresser à tous. Il convient d’ailleurs particulièrement à des femmes cumulant un long passif de régimes, victimes des effets yo-yo, ou de femmes souffrant de troubles du comportement alimentaires comme l’anorexie ou la boulimie.

Pourquoi ?

  • Parce qu’il n’est pas contraignant : il repose sur le principe du flexible dieting, ou IIFYM (« if it fits your macros »). Il n’y a pas d’aliment interdit. L’important est de respecter la bonne proportion de macro-nutriments (j’y reviendrai plus tard)
  • Parce qu’il ne s’agit pas de perdre du poids mais de transformer son alimentation de façon saine et durable. Pourtant, du poids, on peut même en perdre. Durant les premiers mois, j’ai perdu 1kg sans effort simplement en rééquilibrant mes apports
  • Parce qu’il est progressif et que la transformation se fait en douceur pour l’organisme

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Le reverse dieting, comment ça marche ?

 

Première étape, oublier les calories : compter ses macros

 

Je vous le disais à l’instant, le reverse dieting repose sur le principe IIFYM ou « if it fits your macros » / « si cela ‘colle’ à tes macros ». Notre alimentation se décompose en trois catégories de macro-nutriments : les glucides, les lipides et les protéines. Sans entrer dans les détails et d’éventuels débats, disons qu’une personne sédentaire ou ayant une pratique sportive amateure aura des besoins quotidiens répartis sur la base de 50% de glucides, 30% de lipides et 20% de protéines. L’idée d’un régime IIFYM est d’autoriser tout type d’aliment durant la journée tant que cela colle à vos macros.

Je n’ai pas vocation à vous faire un cours de nutrition car je n’aurais aucune légitimité à le faire, mais je vous recommande l’article (et plus généralement le blog) de Fitness et Friandises sur le sujet. Elle donne également de très bons liens si vous souhaitez en apprendre plus.

La première étape du reverse dieting va donc consister à calculer vos macros pour comprendre d’où vous partez. Lorsque j’ai commencé, ma façon de m’alimenter était grand-guignolesque. Je ne comptais que les calories, et calculais en permanence pour compenser mon amour du sucré. On aurait pu résumer mon régime à deux grandes catégories d’aliments : la salade verte et les biscuits au chocolat. Autant dire que ma répartition de nutriments était tout sauf un exemple.

Pour cette première étape, laissez vous quelques jours. Si ce n’est pas déjà fait, téléchargez une application comme MyFitnessPal qui calculera pour vous les macro-nutriments ingérés durant la journée. Dans la catégorie « Alimentation », regardez la façon dont s’articule vos trois grandes catégories.

Lorsque l’on fait un régime, on le sait bien, les glucides sont les premiers ennemis à abattre. On fait la chasse au pain, aux pates, au riz qui sont censés être caloriques et donc faire prendre du poids. Cela aura peut-être été le plus dur pour moi mais non : les glucides ne sont pas le diable et ne vous feront pas gonfler comme à ballon à la minute où ils passeront votre estomac. Lorsqu’ils sont bien choisis, ils sont au contraire de formidables sources d’énergie pour tenir tout au long de la journée. L’objectif va être de réintroduire progressivement ces glucides, pour vous faire atteindre la répartition dont je vous parlais tout à l’heure : 50% de glucides, 30% de lipides, 20% de protéines.

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Deuxième étape : réintroduire progressivement les glucides et les calories

 

Si comme le mien, votre corps n’est plus habitué à ingérer des glucides, mieux vaut ne pas le brusquer. Pour cela, il est nécessaire d’utiliser des paliers, et d’augmenter progressivement sa consommation de glucides. Une fois votre ratio de macro-nutriments atteints, vous pourrez continuer à augmenter vos calories en gardant cette répartition.

Oui mais progressivement, ça veut dire quoi ?

De combien faut-il augmenter et à quelle fréquence ?

Chaque personne ayant des besoins différents, je n’ai pas vocation à vous donner de recettes toutes faites et répliquables à l’ensemble des personnes qui liront ces lignes. Je peux en revanche vous parler de ce qui a marché pour moi :

  • Les premières temps, je me suis uniquement concentrée sur ma consommation de glucides. La première semaine, j’ai augmenté ma consommation calorique de +100 kcal par jour, et suis donc passée de 800 à 900 kcal par jour. Cette augmentation portait uniquement sur un nouvel apport de glucides (pâtes, riz ou légumineuses)
  • J’étais extrêmement angoissée au départ à l’idée de prendre ne serait-ce que quelques grammes. A chaque pallier, je faisais une semaine « test » : les jours où je ne faisais pas de sport, je restais sur un apport calorique normal, et j’augmentais uniquement mes calories les jours où je faisais du sport. Comme je voyais que cela n’avait pas d’impact sur mon poids j’ai rapidement appris à lâcher
  • Je faisais du sport, mais pas à m’en épuiser non plus, c’est-à-dire 2 à 3h par semaine (j’ai facilement pu monter à 6 en période d’anorexie sévère). Cela m’a toutefois bien aidée et je ne sais pas si j’aurais eu d’aussi bons résultats sans
  • Une fois mon ratio glucides / lipides / protéines atteint, j’ai continué à augmenter mes apports de 100 kcal par semaine
  • Les semaines où je ne sentais pas le pallier suivant, où j’avais peur de prendre du poids, je prenais mon temps et reportais à la semaine suivante

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Etape 3 : pas d’étape 3

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C’est tout. Je n’ai rien fait de plus. J’ai simplement suivi mon rythme, me suis fait confiance, et j’ai rapidement pu observer les premiers résultats. La transformation a été bluffante mais logique : ayant récupéré des sucres lents et les calories nécessaires pour mon organisme, j’avais plus d’énergie et plus d’endurance. Surtout, elle s’est inscrite dans la durée.

Aujourd’hui, le reverse dieting s’est durablement inscrit dans ma vie. Je n’ai pas terminé mon parcours, puisque j’expliquais plus haut que je souhaite encore augmenter mes apports en calories pour atteindre ceux d’une personne « normale ». Mais il a profondément modifié mon quotidien et le regard que je portais sur mon corps. Pour en finir une bonne fois pour toute avec la boulimie.

 

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Cela faisait un moment déjà que j’avais l’idée de ce blog et que je souhaitais partager mon expérience. Elle me paraît presque banale à présent et pourtant, ces derniers mois ont apporté tant de changement qu’il paraît difficile de croire que j’ai pu évoluer si vite.

 

Cette transformation, je l’ai opérée seule. Pendant des années, j’ai cumulé les troubles du comportement alimentaire. Anorexie, boulimie, épisodes d’auto-détestation et conviction profonde que je ne serai jamais capable de m’en sortir. Ceux qui connaissent un peu la maladie peuvent imaginer comme cette période a été compliquée, pour moi et mes proches. Pour ma part, celle-ci aura duré 10 ans, avec des crises plus ou moins sévères et rapprochées. Les pires périodes étant caractérisées par des épisodes d’euphorie sincères durant lesquels j’étais convaincue de remonter la pente. C’était toujours très mauvais signe : une à deux semaines plus tard, je replongeais encore plus bas.
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Guérir des troubles alimentaires, c’est possible

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A mon plus grand étonnement, j’ai fini par guérir de mes troubles du comportement alimentaire en l’espace de seulement 6 mois. Je mentirais en disant que je ne connais pas de rechutes, et que la nourriture n’est plus pour moi un sujet de préoccupation. Manger est toujours autant un plaisir et une source intense de satisfaction. Mais mes crises ont quasi totalement disparu : elles sont de moins en moins violentes, de plus en plus espacées et je ne peux que me féliciter du chemin parcouru.

 

Il n’y a pas eu de miracle : j’ai seulement fini par trouver la façon de fonctionner qui me convenait le mieux. J’avais enfin muri le désir de m’en sortir. Pour la première fois depuis longtemps, j’étais prête.

 

Malgré tout lorsque je regarde en arrière, je ne peux m’empêcher de regretter ce temps perdu. Les mois à m’affamer, la fatigue constante, l’obsession de la moindre calorie ingérée, l’épuisement intellectuel. J’aurais aimé que l’on me montre la voie plus tôt, que l’on me dise qu’il est possible de s’en sortir.

 

Aujourd’hui, je suis guérie de mes troubles alimentaires. De 800 kcal par jour, je suis passée à 1600 kcal et il me reste encore un peu de travail avant d’atteindre les apports d’une femme « normale ». Il m’aura fallu 6 mois pour doubler mon apport calorique, pour seulement 1kg pris dans la bataille. Ce kilo supplémentaire m’aura d’ailleurs fait retrouver un IMC normal, après des années de sous-nutrition. Je pèse maintenant 56kg pour 1m74, et on ne peut pas dire que ce soit beaucoup. Quand j’explique que j’adore manger, on me répond toujours régulièrement que « pourtant, ça ne se voit pas ». Je continue à garder le contrôle et je n’ai jamais été si apaisée.
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Un safespace pour parler des troubles alimentaires

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J’ai appelé ce blog Edrecovery parce que cette guérison, d’une façon pour le moins étrange, je la dois à Instagram. Je vivais une période de crise intense : plusieurs heures par jours, je pouvais scroller des comptes de fitgirl de façon frénétique. J’avais développé cette nouvelle obsession totalement absurde qui finissait par me prendre de plus en plus de temps dans mes journées. Jusqu’à ce que je tombe sur un post dédié au reverse dieting, et que pour la première fois, je trouve une vraie porte de sortie. Je ne me suis finalement pas tant renseignée, j’ai tout de suite expérimenté et constaté de premiers résultats.

 

Après toutes ces années, j’ai vécu mon reverse dieting comme un quasi miracle. J’ai non seulement plus d’énergie mais je suis plus forte, plus assurée. Pourtant je n’en entends que peu parler autour de moi. Je continue à scroller les comptes de fitgirls et de plus en plus ceux de jeunes femmes souffrant de troubles alimentaires. Je me dis que si cette longue quête de la guérison pouvait aider ne serait-ce que l’une d’entre elle, cela aura déjà été beaucoup.
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